Le mardi 26 juillet 2022, Bourasso, localité située dans la région de la Boucle du Mouhoun a été la cible d’individus armés. Le bilan provisoire et non officiel de cette incursion terroriste fait état de plusieurs personnes tuées. Quarante-huit après le drame, un rescapé se confie à notre micro. Pour raisons de sécurité, nous décidons de le nommer « X ».

Bourasso, faut-il le rappeler, avait été victime d’une attaque terroriste dans la nuit du 3 au 4 juillet dernier occasionnant la mort de 22 civils. Suite à cet incident les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) se sont déployées pour traquer les coupables et rassurer les populations. Ayant appris cela, de nombreux habitants qui avaient fui la localité aux premières heures  de l’attaque sont revenus, certains pour y rester et d’autres pour récupérer leurs effets personnels.

Font partie de ces derniers notre interlocuteur X. La gorge toujours nouée par le drame auquel il a survécu, X nous décrit un témoignage des plus glaçants. En compagnie d’autres habitants, ils sont revenus à Bourasso à l’aide d’engins à 3 roues communément appelés « Taxi-motos » dans le but de convoyer leurs effets vers une localité plus sécurisée.

« Il y avait au moins 4 tricycles qui ont quitté Nouna pour Bourasso. Ce jour là, nous avons pu effectuer un premier voyage avec succès le matin. Au deuxième voyage qui est intervenu autour de 15 h, nous avons reçu l’information selon laquelle des individus armés rôdaient autour du village, différents des FDS. Par mesure de précaution, nous avons rebroussé chemin avec au total 4 tricycles, mais le 4è est reparti vers Bourasso où se trouvaient les FDS. Le premier tricycliste qui était devant nous , avait à son bord  7 personnes . Le vétérinaire de Bourasso y était. Ce dernier avait loué 2 tricycles pour ramasser ses effets. Nous étions 3 dans le 2ème tricycle. Les effets du vétérinaire étaient dans le 3ème tricycle, dernier du convoi en direction vers Nouna », nous décrit X, la voix toujours tremblante.

Après avoir franchi le premier pont de Bourasso en direction de Nouna, poursuit notre interviewé, un mouvement peu ordinaire de feuilles dans les broussailles attire leur attention. Leur crainte ne tarda pas à se confirmer puisque de ces feuilles qui servaient en réalité de camouflage vont surgir 4 individus armés qui ont  aussitôt tirés dans tous les sens. X doit certainement sa vie aujourd’hui grâce à la main divine mais aussi l’emplacement de l’engin qui le transportait.

« Lorsque nous sommes arrivés à leur hauteur, ils  ont surgi de leur cachette. S’en sont  suivis des tirs à l’arme de guerre. J’ai sauté par derrière de notre tricycle pour me sauver. Ma paume s’est blessée. Notre chauffeur a voulu faire un quart de tour, malheureusement, l’engin s’est renversé sur le pied de Faho Zoumba. Celui-ci qui criait. Dans un premier temps, nous avons tenté avec notre chauffeur de le sauver, mais les tirs continuaient d’une manière effroyable. Le chauffeur du premier tricycliste était déjà atteint aux bras », fait savoir le miraculé de l’attaque.

À l’en croire, Zoumba étant dans l’incapacité de se relever a perdu la vie au même titre que le vétérinaire, qui lui ne pouvait pas s’échapper du fait de son handicap moteur. À la débandade se mêlait les cris de peur. C’est dans ces instants que le troisième chauffeur, celui qui transportait les effets du vétérinaire fut mortellement touché par les balles assassines. Décidément, atteste-il, les assaillants voulaient décimer tous les occupants puisque les fuyards ont été pourchassés dans leurs retranchements.

« Certains (individus armés) nous ont poursuivis  dans les broussailles. Nous étions obligés de nous débarrasser de nos chaussures pour bien courir. Mon chauffeur et moi sommes rentrés dans la brousse du village de Koro. Au cours de notre périple, nous avons aperçu des individus au milieu de la brousse. Ils nous ont chassé avec des torches », relate X.

Ce dernier et les autres rescapés n’ont pu rejoindre la ville de Nouna qu’à l’aube. Il confie que d’autres ont eu la vie sauve en partie grâce à la maladresse des assaillants qui visiblement ne sont pas rompus au maniement des armes. « C’est après que nous avons appris qu’ils ont emporté   deux tricycles. Le chauffeur du dernier tricycle a été inhumé hier », a-t-il déploré.

By Ib_Z

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